LA PHOTOGRAPHIE STEREOSCOPIQUE
La stéréographie
a été le boum commercial de la deuxième moitié du
XIX siècle.
Oliver Wendell Holmes et David Brewster ont inventé et ont pourvu d’un
brevet des stéréoscopes, qui étaient à bon marché
dans leurs versions populaires, et qui permettaient à toutes les classes
sociales de réaliser facilement un « home theatre » pour
l’amusement à la maison, en considérant qu’à
cette époque-là la télé, les ordinateurs, les cinématographes,
les pubs et les discothèques n’existaient pas.
LA STEREOGRAPHIE ET LE SPECTACLE A LA MAISON
LA STEREOPHOTOGRAPHIE DANS LES PREMIERS REPORTAGES
Les stéréoscopies
suivantes font partie d’une série produite par Eugène Sevaistre,
un photographe français qui se trouvait à Palerme à l’époque
du débarquement de Garibaldi en Sicile.
Pendant la trêve entre les garibaldiens et les Bourbons, Eugène
Sevaistre, avec perspicacité et capacité entrepreneuriale, a saisi
l’occasion favorable pour réaliser un reportage personnel sur le
bombardement que Palerme a subi à cause des navires bourboniens mouillés
en face de la « Marina » d’aujourd’hui (la partie de
Palerme qui se trouve face à la mer).
Dans ces images il n’y a pas de sens d’action, tout semble suspendu
et menaçant ruine, comme les ruines des bâtiments bombardés
et croulants, parce que le long temps de pose empêchait de prendre les
photos de façon vite.
La présence de l’homme s’aperçoit dans ceux qu’on
peut définir « fantômes photographiques », simulacres
de palermitains qui étaient là pendant que Sevaistre prenait la
photo mais qui bougeaient. Cela nous fait supposer que notre photographe ait
pris des photos même pendant les combats, sinon tous les assistants seraient
restés immobiles, en gardant la pose, en participant au travail du photographe......
ou bien ils n’étaient pas en mesure d’imaginer la puissance
du « moyen » photographique, capable de transporter des témoignages
à travers des siècles.
Cependant, pour obtenir une exposition complète, il faut ajouter que,
sans aucun doute, les gens les plus raffinés avaient compris la valeur
stratégique de la photographie : par exemple, on peut lire dans Les Mémoires
de Garibaldi de Dumas que le Général demande à l’écrivain
:
« Est-ce qu’il y a un photographe avec vous ? »
« Bien sûr Général, le meilleur photographe, le Français
Le Gray ! »
« Bien, mon cher Dumas, c’est bien que tout le monde connaisse comment
ces vils Bourbons ont détruit cette ville ! ».
.......
Mais regardons maintenant les stéréoscopies dont on a parlé,
écoutons les images, et faisons revivre un fragment de l’histoire
d’Italie.![]()
